je ne chasse pas sur mon territoire, ed. éléments de langage, Bruxelles, 2020

Après la fin d’une série et de l’exposition qui suit, il y a toujours cette phase où je joue avec le vide, je l’ausculte, je le désire tout autant que je le crains, je le stimule pour qu’il m’amène plus loin, ailleurs.
J’attends qu’il me parle.
Il naît de ce vide une certaine paresse, une forme d’oisiveté qui peut mener à tous les vices.
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homesick/how to become a ghost, Astrid Chaffringeon (textes) et France Dubois (photographie), Atelier Ooblik, 2018


Hier nous avons évité le drame.
De justesse, c’est comme cela que l’on dit. Je ne sais pas ce qui est juste dans l’évitement d’un drame et si cela participe à la bonne tenue de la société et de la vie qui va de soi. Je ne sais pas si cette possibilité de drame, son avènement, ne portait pas en soi un vieux sujet que je tente de lui faire expier. Pour me justifier, j’ai même été tentée de dire que tu l’avais bien cherché et qu’il fallait de toutes façons s’en méfier. Même s’il ne s’est pas révélé, le drame t’appartenait en quelque sorte.
Et cela faisait un moment que je sentais qu’il couvait.
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Chambre avec vue, Astrid Chaffringeon (texte) et Claire Morel (dessins), ed. éléments de langage, Bruxelles, 2018

« Un jour peut-être, au détour d’un tombeau, vous apercevrez votre corps frémissant et ondulant sous le poids des collines, posé là à contempler pour l’éternité la mer, ses promesses et ses secrets, sa redoutable fraîcheur, son écume insolente. Alors vos pieds fourcheront pour creuser la terre, vos cheveux deviendront racines et vous vous retrouverez nu(e), à la grâce du sel et du vent.
Si, croyez-moi, cela m’est arrivé, à moi. Et ce n’est pas si simple, ce n’est que le début de l’aventure. D’ailleurs, si j’ai écrit cette annonce, c’est parce que maintenant, j’ai besoin de vous. »
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A travers le regard / Katseen Kautta / Passing on looks, textes: Astrid Chaffringeon, Aliénor Debrocq, Kristina Haataja, Maarit Verronen, œuvres: Carita Savolainen, Performance sonore : Anu Junnonen Performance chorégraphique : Meri Pajunpää,
ed éléments de langage, Bruxelles, 2017

Juste soulever les écailles du temps. Friables et insolentes.
Les gratter sur sa peau, retrouver nudité et gluance.
Et s’asseoir.
Il n’y a plus qu’à attendre maintenant. (Il suffit d’entendre).
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Cueillir ses rires comme des bourgeons, ed Avant-propos, Bruxelles, 2017
dessin de couverture Claire Morel

Entre chien et loup c’était l’heure où elle ne distinguait plus ses contours. Sa vue la trahissait alors elle écoutait ses bruits. Sa peau qui crépitait, ses ongles qui bruissaient, les grincements de ses chevilles, l’éclosion d’un grain de beauté. Elle entendait son sourire timide tirer sur ses oreilles vers l’arrière, ses yeux se plissaient et acquiesçaient. Les contours étaient parfois un peu flous chez elle. Ils ne faisaient pas toujours barrière, ils s’émouvaient facilement de la possibilité de muer, de déménager vers un autre côté. Entre chien et loup, c’était l’heure où ils pouvaient se révéler et où ils scintillaient aussi. C’est ce scintillement mat du cuivre sous la pointe sèche qu’elle avait tout de suite perçu chez Benoît sans pouvoir déjà l’identifier. L’élégance et l’impudeur mêlées du prédateur.
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Chutes étoilées et autres broderies dramatiques, Astrid Chaffringeon (chutes de textes) et Claire Morel (constellations de dessins),
Livret conçu dans le cadre de l’exposition HOME (état des lieux) de Claire Morel (décembre 2016 chez Chantier(s) Art House à Bruxelles).
Il peut se feuilleter comme un prélude au roman d’Astrid Chaffringeon Cueillir ses rires comme des bourgeons , éditions Avant-Propos, 2017



SURSAUT
(…)Le vent se lève doucement sur l’odeur de jasmin et de viande grillée qui monte du port. Je m’appuie sur ton épaule pour ne pas tituber et tu mets tes longs cheveux de l’autre côté pour que je ne leur tire pas dessus en t’agrippant. Cela fait presqu’un an maintenant qu’au détour d’une route j’ai creusé un fossé. C’était une journée comme une autre, pas plus éclopée, ni plus minée qu’une autre journée d’été, mais je sentais déjà dans l’air chargé de vase et de poussières qu’elle appartiendrait bientôt à un autre genre. J’en avais la gorge sèche et la pulpe des doigts qui s’effritait. (…)
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